Entretien Michel Bianchi

Itinéraire d'un passionné passionnant

 

Certaines personnes apparaissent intimement liées à l'histoire d'un club. C'est le cas de Michel Bianchi qui oeuvre depuis de très nombreuses années au sein du club de Morteau. Rares sont ceux qui ne l'ont pas vu distiller ses conseils au bord des terrains de volley de notre région lors des différents championnats ou au Centre Régional d'Entraînement. Cet entretien est l'occasion faire davantage connaissance et de connaître son avis sur la situation de notre volley régional.

 

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Michel à sa place favorite : sur le banc au milieu de ses joueuses (avec la petite touche italienne en prime!!)

 

1) Peux-tu te présenter rapidement?

J’ai effectué mes études de prof d’EPS (il y a longtemps déjà !) à Vichy et Clermont Ferrand puis j’ai enseigné à Prauthoy en Haute Marne, à Clerval, au collège Bouquet de Morteau (21 ans) et depuis 3 années j’ai rejoint le lycée Edgar Faure.

 

2) Fonctions occupées au sein du club de Morteau?

Ma première licence remonte à 1990. Dès 91, j’ai commencé à suivre les équipes de jeunes (cadets-juniors) puis par l’intermédiaire du collège je me suis interessé à la formation des benjamins et minimes. Ce n’est que plus tard que j’ai entrainé les équipes seniors au moment où nos jeunes pousses sont devenues adultes. Actuellement j’entraîne les équipes filles séniors, cadettes et l’école de volley (poussines et benjamines).

Depuis quelques années, je suis également vice-président du club.

 

3) Pourquoi le volley?

Au début, c’était le seul sport collectif (mis à part le hockey) que je n’avais pas pratiqué sérieusement ou en compétition et j’ai accroché facilement. Il faut dire également que la taille du ballon ressemble beaucoup à celle du ballon de foot …. !

 

4) Quelles différences entre entraîneur de football et de volley? Des points communs?

Forcément les différences existent par rapport au mode de préparation, à la vision tactique du jeu et à l’influence des décisions de coaching dans l’instant du match.

Pour les points communs, je pense surtout à la gestion de groupe et des individus. En somme, ce qui concerne les relations humaines.

 

5) Quel plaisir retires-tu de la formation de jeunes joueurs/euses?

Incontestablement c’est le plaisir de faire apprendre, de transmettre des connaissances et des savoirs faire techniques. Le fait de voir progresser les jeunes joueurs est également très valorisant et ça flatte notre égo.

 

6) Morteau a pendant longtemps rimé avec famille Bianchi. Pas trop difficile de faire cohabiter les 2?

Au départ ça a rimé avec famille Berger puis nous avons pris le relais, si l’on peut dire. Il y a pas mal de clubs ou les choses se passent comme ça, mais je pense que cela vient du fait que le volley est un jeu convivial qui permet d’établir des relations inter-générationnelles. Cela a été l’occasion, pour moi, de passer plus de temps avec mes enfants, même si parfois certaines situations sont plus difficiles à gérer.

 

7) Quels sont, selon toi, les problèmes actuels de la Ligue de Franche-Comté et du volley franc-comtois?

Nous souffrons encore de la discorde des années 80-90. Lorsque j’ai commencé le volley il y avait plus de 1800 licenciés et le nombre de clubs était conséquent. Durant toutes ces années nous avons perdu des cadres techniques, des arbitres, des dirigeants et les clubs ne se sont pas assez tournés vers la formation des jeunes joueurs. Forcément nous avons disparu, petit à petit, de l’espace sportif local et également de l’espace médiatique.

Je vais être plus sévère encore, en disant que nous souffrons d’un certain égocentrisme du joueur de volley qui aime bien recevoir et se faire plaisir, mais qui a du mal à donner et à s’engager pour les autres !

 

8) Quels pourraient être les remèdes?

Une politique de développement au niveau de la ligue (comme cela est déjà le cas) et une prise de conscience de la part des dirigeants de tous les clubs de la nécessité de celle-ci.

 

9) N'aurais-tu pas eu envie d'entraîner à plus haut niveau (Nationale 3, 2, 1)?

Oui bien sûr ! L’expérience de la saison 2009-2010 m’a donné envie de recommencer mais pour autant, pas n’importe ou. Ce qui m’interesse, c’est de construire ! De ce point de vue là, il me semble qu’entrainer dans un centre de formation me conviendrait mieux.

 

10) Le club de Morteau, après quelques beaux titres ces dernières saisons en seniors féminines et en cadettes, va connaître un changement de générations avec le renouvellement d'une partie des équipes qu'il aligne? Des craintes pour le futur ?

J’ai l’habitude de dire, que si l’on veut que le volley vive dans notre ville dans 10 ans, il faut s’occuper des petits aujourd‘hui. De ce côté-là nous ne sommes pas en retard. Le plus embêtant , c’est de ne pas pouvoir assurer une continuité entre les catégories de jeunes car cela se paye dès que nos joueuses quittent le lycée. Alors oui j’ai quelques craintes pour les 2 ou 3 années à venir d’autant plus que les joueuses un peu plus âgées peuvent avoir des désirs très légitimes de maternité …..

 

11) N'y a-t-il pas parfois des regrets de ne pas compter plus de licencié(e)s au club et de voir une plus large audience pour ce sport dans la région en général et dans le Haut-Doubs en particulier?

Oui bien sûr, mais la concurrence est rude et la culture volley est quasiment inexistante.

 

12) Le fait de compter parmi les clubs franc-comtois Sochaux, qui évolue en Nationale 1 masculine, et d'accueillir des évènements internationaux comme le match de Ligue Mondiale du 26/06 France-Cuba peut-il impulser une nouvelle dynamique au volley local?

Cela est possible, mais le plus dur , c’est d’avoir des structures d’accueil avec des responsables compétents sinon cela n’a aucun impact pour les clubs.

 

13) Le volley constitue-t-il ta seule passion?

Pas du tout. Le sport en général est ma passion. Après le foot au cours de ma jeunesse, je pratique encore le ski de fond, le VTT et le tennis.

 

14) Meilleur souvenir sportif? Pire souvenir sportif?

Que des bons souvenirs en général. Mes années foot entre 1975 et1980 étaient pas mal et j’ai un souvenir agréable des transjurassiennes 84-85-86.

 

15) Un ou plusieurs regrets au cours de ta carrière sportive?

Mon grand regret c’est d’avoir été obligé d’arrêter le foot, alors que j’avais à peine 25 ans, pour des raisons médicales. En tant qu’entraineur de volley, c’est d’avoir manqué la finale des championnats de France UNSS en 2002 avec l’équipe minime fille du collège (qui était celle du club également.)

 

16) Une qualité? Un défaut?

On dit que l’on a les défauts de ses qualités. Il me semble que je suis perfectionniste et donc je suis un insatisfait notoire.

 

17) Michel Bianchi chez lui au calme cela donne quoi?

Devant la télé : Sport+ et Eurosport

 

18) Un pays que tu souhaiterais visiter?

J’apprécie plutôt les pays nordiques et le Canada. Je suis allé au Québec et en Suède.

 

19) Un ou une sportif (ive) que tu admires?

Lorsque j’étais jeune, mes idoles se nommaient Poulidor, Pelé, Cruijff, Wasberg.

Aujourd’hui, je trouve que Jeannie Longo nous donne un sacré exemple, mais ce sont surtout les sportifs handicapés qui forcent le plus mon admiration.

 

20) Un dernier mot?

Un grand MERCI à tous ceux qui me supportent  et à mon épouse en particulier !!!!

 

 

 

 

 

 

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